Accueil du site / Pratiques / Outils / En formation / 2012- 2013 « Cultiver la paix, partager les récits. » / Si nous n’avions plus de récit…

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Cette réflexion, partie d’une question très simple, à laquelle nous avons répondu dans un premier « remue-méninge » en septembre 2012, inaugure notre travail de formation pour la saison 2012-2013.

Elle permet un première approche du récit comme outil de transmission et de partage de savoirs et indique sa place au cœur de la Culture de paix.

Que se passerait-il si nous n’avions plus de récit ?


1. Ce serait l’animalité, pas de futur, pas de lien, de l’immédiateté
2. On ne connaîtrait pas l’autre, on ne se connaîtrait pas soi-même, les cultures seraient comme une graine qui n’a pas germé
3. Nous n’aurions pas une idée d’évolution, ce serait une ouverture à la violence
4. Il y aurait moins d’émotions et beaucoup plus de froideur entre les êtres humains.
5. Ce serait très ennuyeux et carrément mortel.
6. Nous aurions perdu la trace de ce que nous avons aimé, nous aurions plus de rêves.
7. Nous ne saurions plus ce que nous avons fait, nous n’aurions plus de livres d’Histoire.
8. Il n’y aurait plus de passage entre les êtres humains, plus d’identité. Comment avancer alors ?
9. Que saurions nous des hommes préhistoriques ? Nous n’aurions plus l’imaginaire, nous serions dans le seul présent.
10. Les mots sont-ils la même chose que le récit ? Nous vivons dans le récit.
11. Nous n’aurions plus de réponses à nos questions, plus de mémoire. Plus de transfert d’expérience, la perte du plaisir de la découverte permanente.
12. La perte de notre subjectivité, pas de culture partagée. Plus d’avant, plus imaginaire, pas de récit de voyageurs, pas de personnages auxquels s’identifier.
13. À travers les récits, nous nous inscrivons dans l’histoire de l’humanité. Nous guérissons nos maux avec lui.
14. Nous lisons mieux les traces des hommes à travers le récit. Sans récits, pas d’évocation de vies proches et lointaines.
15. Sans les mots, ce qui est vibre en nous, autour de nous, n’accède pas à la conscience.
16. Il n’y aurait plus de transmission de soi. Serions-nous tous pareils ? Le travail sur notre mémoire s’enrichit de celle des autres, il faut partager des expériences humaines. Passer le témoin, regarder ensemble d’où nous venons et vers où nous allons.
17. Avec le récit, nous travaillons sur le temps humain et sur la relation humaine. C’est le contraire de la violence. Le récit complexifie la compréhension, mais il ne doit pas nous enfermer. Qu’en est-il alors de la notion d’émancipation ?
18. Avec le récit, on se donne à connaître aux autres. On partage des valeurs communes. Le récit c’est l’accès à la connaissance de l’autre. C’est de la culture, de la création. C’est de la coopération, un don de soi.

Ce qui nous questionne…

  • le thème du « temps humain » et sa relation avec le transhumanisme.
  • la mission de transmettre.
  • les complexités de cette transmission : que transmettre ? comment ? avec quels effets ? quid de la manipulation ?
  • le récit est-il toujours un antidote à la violence ? les dangers de la transmission.
  • la notion de « réponse à nos questions » mais aussi « nous n’aurions plus de questions ! »
  • le récit permet ou non la compréhension. Que signifie « complexification » ? Transmettre mais quid de la réception ?

Les outils qui manquent pour ouvrir la « case récits »

1. De la tempérance ; la forme du rendu ; rendre réutilisable ce qui a été fait.
2. Il me manque l’organisation de moments de réflexion collective pour travailler sur les autres regards qu’on peut avoir, sur les objectifs d’un récit à la lumière de concepts qui lui paraissent étrangers : coopération, évolution, émancipation…
3. Manque de temps (argument repris 9 fois). Des espaces, des lieux.
4. Canaliser le groupe. Prendre en compte les personnalités différentes.
5. L’organisation d’un moment individuel dans un grand collectif.
6. Plus de temps d’échange. Plus d’expérience, de partage. Manque de temps pour échanger, conter, lire, écouter. Manque d’un lieu, d’une ambiance adéquate à l’école. Le nombre d’élèves !
7. Un lieu et un moment pour le don des récits qui vaillent le coup de se laisser traverser par eux. Des idées pour le lieu : un mur d’expression ; un journal version papier ; un coin accueillant pour se regrouper avec tapis, coussins, poufs… Des idées pour le moment : institutionnaliser le moment dédié ; place dans l’emploi du temps ; bâton de parole.
8. Un livre, « un recueil » de ce qui se vit, se dit, se ressent, se transmet (ce qui ne se voit pas forcément) à travers les rencontres au sein de la Maison de quartier. Un atelier d’expression, mais totalement ou presque dédramatisé.
9. Une publication dans et autour de l’école sous forme de « récits scolaires » ; un poste radio ; une bouteille de whisky.
10. Manque de l’envie. Le temps à relativiser. Les habitudes d’écoute. De l’aide humaine !
11. Du temps, des situations moins collectives, plus intimistes pour plus de « confiance », pour une meilleure écoute. Des lieux d’échange.
12. Plus de liberté et de temps pour échanger sur la notion de Culture de paix et d’actions concrètes pour la paix.
13. Les mots pour raconter. Sinon je crois tout avoir…
14. Des ordinateurs pour que les enfants tapent leur vécu et le garde en mémoire.
15. Des enseignants, les éducateurs, des partenaires pour l’école ce qui sous-entend moins d’enfants dans les classes. La patience parfois, l’envie de faire. La motivation qui s’essouffle au fil des années. Des partenaires, des pairs qui partagent les mêmes valeurs, la même fantaisie.