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Le point de vue Simonne, animatrice en Maison de Quartier.

Pourquoi avoir choisi de parler du lien entre Culture de paix et création ?
Parce qu’il correspond à mon travail dans la Maison de quartier pour ce qui est de l’art plastique et mes interventions dans les écoles pour ce qui est de la sensibilisation à la danse contemporaine.

Mardi 3 avril 2012, entretien avec S.

Lors de notre réunion de rentrée pour la culture de paix nous avions décidé avec deux autres animateurs Yann et Aurélien de travailler sur des personnages de paix, un groupe d’enfants se forme à la maison de quartier.

Nous commençons la première séance par la décoration d’une boîte, chacun la sienne, on colle, on rajoute, on peint, on écrit. Je les questionne : connaissez-vous des personnages de Paix ? Pas de réponse, je les invite alors à aller avec l’aide de leurs parents sur l’Internet faire des recherches.

La semaine suivante, un enfant revient avec le nom de Martin Luther King parce qu’il y a un rond- point à Aubagne qui porte ce nom.

La 2e semaine, je choisis Wangari Maathaï parce que son engagement pour l’environnement me tient à cœur.

Le 3e semaine, nous choisissons Coluche pour les restos du cœur. Là ils connaissent et disent : « c’est pour que les gens puissent manger ».

Martin Luther KING : les enfants ne le connaissent pas vraiment, alors je leur raconte qu’un jour il a fait un rêve, on parle du racisme mais pas en militant.

Comment expliques-tu cette « réticence » ?

Parce que je suis dans un cadre de travail et donc militer ce sont mes opinions.

Si tu étais dans un cadre militant que dirais-tu ?

Je ne sais pas, probablement la même chose (RIRE) mais avec des mots différents.

Ma crainte : j’ai des convictions, je m’adresse à des enfants, comment convaincre un enfant de quelque chose ? Quelle place je lui laisse pour qu’il se fasse sa propre idée ? L’enfant a une palette avec plein de couleurs, avec ça que fait-il ?

Ça s’est retrouvé dans la réalisation de ces trois personnages.

La réalisation de personnages

  • 1re étape chaque enfant a le même personnage dessiné sur une feuille et le colorie comme il veut avec les couleurs de son choix.
  • 2e étape rassemblement des dessins et découverte de toute les couleurs utilisées.
  • 3e étape choix collectif des couleurs que nous utiliserons pour la réalisation finale.

Comment leur ai-je présenté le travail ?

Je leur parle de la journée de la Paix, d’AUBAGNE Ville amie des enfants et Ville éducatrice et je leur annonce que leur œuvre sera exposée ce jour-là.

Pour Wangari MaathaÏ, les enfants ne savent rien de cette biologiste kényane, Prix Nobel de la paix. J’ai entre les mains sa biographie et je propose que chaque enfant lise un petit bout de ce texte, ils l’appelleront « La dame des arbres » car son nom n’est pas facile à retenir et qu’elle a contribué à planter 16 millions d’arbres.

Quand à Coluche ils connaissent. Ils savent qu’il a lancé le projet des Restos du Cœur.

Quelle discussion y avait-il entre eux pendant l’atelier ?

Pas de réelle discussion.

Cela vient peut-être de moi, quand je suis dans la création, je n’ai pas envie de parler.

Je me pose plusieurs questions par rapport à ces enfants : sont-ils conscients qu’ils travaillent sur la Culture de paix ? Doit-on parler de la Culture de paix ? Peut-on agir dans ce sens sans forcément le dire ?

Des ateliers « danse »

Dans mes interventions en milieu scolaire sur l’apprentissage de la danse, je constate que les enfants dont l’enseignant est engagé dans la culture de Paix ont plus d’arguments sur la question de la Paix que les autres.

La Paix commence là où l’on est.

Pour moi la Paix c’est que chacun puisse trouver sa place dans la société et que chacun puisse y créer des valeurs.

La danse est mon moyen pour permettre à l’enfant d’aller dans ce sens.

Je ne leur parle pas de Paix, mais plutôt de capacité à faire les choses : capacité à créer, à penser, lorsque on est dans la création on a pas l’esprit à détruire. Du moins, c’est ce que je pense.

La Culture de Paix, c’est sensibiliser l’autre à révéler ses capacités, on est capable de tant de choses !
On peut faire des choix, ses propres choix.

La formation à la Culture de Paix est un plus. Elle me permet de faire une passerelle avec ma philosophie, de pouvoir mettre des mots et de la couleur dans mes actions, il m’a fallu du temps pour lier tout ça.

Ce que j’ai compris, c’est que la Culture de Paix se Vit, se Dit, s’Écrit, se Partage.

MERCI, OM !