Accueil du site / Mots clefs / Culture de paix ? / Les arguments contre la guerre ne nous disent rien sur la paix..
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« [...] Si on veut avoir une conception de la culture de la paix, il faut accepter que la paix commence avant que la guerre menace.

Dans l’éducation des petits enfants.
Dans les rapports entre petits garçons et petites filles.
Dans l’idée de coopération qui doit se substituer à celle de la compétition, dans une idée différente du sport.
Dans une nouvelle façon de penser la méritocratie, la hiérarchie, la sélection, l’élimination.
Dans une nouvelle façon de formuler l’entrée massive des femmes dans la société à un moment où les conditions masculines prévalent.

La paix commence avant.
Avec une diplomatie radicalement différente, avec une vision différente des frontières, de l’idée même de frontière.
Avec une conception différente des associations et des institutions internationales, ainsi que des mécanismes et des systèmes de médiation, compromis, écoute, formes d’expression, façon de demander, d’obtenir, de renoncer, de donner, d’accepter, de respecter.
Les données de toute cette action sont celles d’une culture qui pour commencer à exister, doit commencer avant. Sans quoi le pacifisme est seulement une mutilation de la réalité.

Les arguments contre la guerre ne nous disent rien sur la paix.. [...]. »

Extrait du texte de Furio Colombo
paru dans l’ouvrage collectif Imaginer la paix,
Éditions Grasset 2000, p.68.


Pour prolonger - Retour sur un temps de formation de 2003-2004

Après lecture du texte de Furio Colombo ci-contre on travaille sur affiche, en petits groupes : dans quels domaines imaginez-vous ou connaissez-vous des exemples d’action allant dans le sens d’une culture de paix ? Quels sont les aspects de la culture de paix que ce texte n’évoque pas ?

Témoignages des groupes

Ce qui se fait déjà… … avec les enfants

  • Importance de penser l’AVANT. Donc, travailler avec des enfants les plus jeunes possible.
  • Réfléchir autour de la notion de règles (passer des règles d’un jeu à la construction de règles de vie pour la classe). Stratégie de la situation problème.
  • Travailler la communication et le langage, au jour le jour… Travailler sur les mots qui font du bien ou du mal.
  • En cas de conflit, imaginer ensemble ce que serait le contraire du conflit ? Que peut-on faire ensemble à l’issue d’un conflit ?
  • Former les enfants à mener des discussions entre eux quand ils arrivent à la Grande école.
  • Instaurer des moments de réflexion sur l’énergie, la fatigue.
  • Inventer avec les enfants des moyens de se défendre.

… avec les parents

  • Inventer des espaces pour discuter entre adultes
  • Installer des discussions informelles où les enseignants écoutent les parents.
  • Se former à régler les conflits par la discussion (au CLEA, à l’école).
  • Imaginer des lieux où l’on puisse poser ses questions, en dehors des situations de crise. Mettre des actions en route entre adultes, en pariant sur ce qu’elles vont déclencher comme réflexion et débats.
  • Mettre en place des débats citoyens dans l’Education nationale, y compris pour les adultes ; des lieux de discussion parents/ enseignants / enfants. Oser affronter la contradiction.
  • Au Collège, mener un travail collectif avec les parents à propos de l’absentéisme. On y aborde ces questions sans citer les cas individuels.
  • Avoir un débat sur les valeurs, lors des réunions de concertation. Casser le débat frontal, permettre au débat de se poursuivre dans l’action.


Productions de stage (2003-2004)

Imaginer la paix, c’est l’écrire ! Écrire ce que l’on fait de bien. Habituellement, on pointe ce qui ne va pas. Ce qui est important, c’est d’avoir conscience de ce que cela nous apporte de faire le bien. Il faut bien se connaître, afin d’être en harmonie avec soi-même pour pouvoir aller vers les autres. Si tu sais ce que tu peux donner et recevoir, tu es plus à même de donner et de recevoir.
Ne pas confondre : guerre, conflit, crise.


Imaginer la paix
Décréter une région sur terre qui serait le lieu des règlements de compte (avec violence, si nécessaire), pour laisser les autres vivre en paix ? Réfléchir sur la « rivalité » : est-ce la même chose que « compétition » ? Proposer des activités ne reposant pas uniquement sur la compétition et chercher d’autres valeurs pour s’épanouir. Réfléchir aux relations avec « l’autre » et lutter contre l’argent comme moteur des relations entre les hommes. L’argent à l’origine de bien des guerres. Multiplier les espaces sans argent, les SELS (échanges de services et de valeurs).



L’atelier s’achève par une discussion sur les méthodes pédagogiques plus ou moins en accord avec la valeur « culture de paix ». Comment les techniques de travail scolaire, les procédés, les manières de faire, influent-ils sur la construction de la culture de paix ?
Quels apprentissages faut-il envisager pour les enfants dans l’idée de renforcer cette culture de paix avec eux ? La culture de paix n’est pas qu’une affaire relationnelle, ou émotionnelle, ou organisationnelle. Comment faire le lien avec les savoirs et les apprentissages scolaires ? Quels concepts seraient à construire ensemble, avec enfants et adultes, avant que les conflits, grands et petits, ne surviennent ?
Dernière question : l’école est-elle un « îlot de paix » ? Si oui, quelles relations se doit-elle de cultiver avec son environnement ?