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Échos d’une visite à la Chapelle des Pénitents Noirs à Aubagne à l’occasion de l’exposition « Scènes de croisades » de Wael Shawky.

Le contexte

Vidéaste et réalisateur égyptien, Wael Shawky a passé plus de 6 mois à Aubagne pour réaliser la 2e partie d’une œuvre cinématographique Cabaret Crusades : a path to Cairo, dont le scénario se fonde sur l’ouvrage d’Amin Maalouf, Les Croisades vues par les Arabes.

Le film et les marionnettes réalisées pour son tournage ont été présentées du 7 décembre 2013 au 30 janvier 2014 aux Pénitents Noirs.

Le lien avec la question de la Culture de paix nous a semblé évident. Nous nous sommes rendus sur place pour un visionnement et, dans la foulée, un bref temps d’écriture à chaud.

Plus d’infos sur le travail de Wael Shawky à Aubagne ? Lire sur le site de la Ville les articles de Sophie Péhaut-Bourgeois

Voir un extrait du film


Le regard du CNDP / CANOPE Réseau de création et d’accompagnement pédagogiques

L’atelier

Quelques consignes d’écriture
Après avoir vu le film, nous consacrons un petit moment à une écriture autour de quelques consignes :

  • La culture de paix en clair obscur…
  • Le récit, rempart à la culture de guerre ?
  • Wael Shawky, chambre d’écho pour l’actualité ?

Les productions

Le récit relate des faits. Il est subjectif. C’est l’analyse et l’étude des faits qui le rend plus ou moins objectif. Mais de quel côté nous plaçons-nous ?
C’est essentiel que cela soit. Mais est-ce suffisant pour éviter les nouveaux conflits ?

Eva

* * *

Culture de guerre
Rouge, le sang
Blancs acérés, les couteaux de la vengeance
Le chant enivre
La parole décapite
Ocre, la peau terreuse de vos oukases assassines
Noir cimetière où tombent les morts.

Culture de paix
Saurons-nous, un jour, ressuscitez vos couleurs ?

Michel

* * *

« Chambred’écho »
Il y eut des croisades pour délivrer le tombeau du christ à Jérusalem et des croisades pour éradiquer les cathares albigeois.
Il y en eut pour christianiser les sauvages indiens des amériques ainsi que les zoulous.
Il y en eut aussi contre le bolchevisme ainsi que les Vietcongs, les calvinistes, les hérétiques, les chouans, les aborigènes, les israélites, les palestiniens... litanies de guerres « justifiées » ! Et demain contre les ukrainiens ? les norvégiens ? Les luniens ?

HALTE AU FEU !
Demain on coupe les fils des marionnettes, les nouveaux croisés seront multitudes de comédiens, musiciens, poètes, acteurs émancipés de leur vie.
Et on refait une marseillaise hymne à la paix."

Jean-Luc

* * *

Des mots arabes, des musiques, des chants arabes, des palais arabes…et le printemps dans tout ca ?
Tout est confus. J’essaie de tirer la ficelle, mais elle est pleine de nœuds et de sang rouge dans une ville noire.
Qui de Alep à Damas, en passant par Jérusalem et Bagdad pour aboutir à Tripoli…qui fera la lumière ?
Qui apportera le soleil et l’alliance pour se rapprocher du vrai partage ?
Tout s’enchaîne, au bruit des sons de peaux, des armes font couler les larmes.

Corinne

* * *

Raconter l’irracontable, pourquoi, comment ? Peut-être pour rappeler que l’Histoire est un éternel recommencement. Combien d’images nous sont apparues si actuelles ? Combien de mots ont fait écho à ce qui se passe aujourd’hui ? Toujours la même question récurrente, qui tire les ficelles ? Se poser des questions, raconter encore et encore. Mettre les mots face aux maux.

Brigitte

* * *

Couleurs.
Tout se brouille à travers le prisme du temps. Tout se trouble. La couleur du sang mêlée à la terre, mêlée à la guerre. La couleur de la foi est salie quand l’homme n’a plus de loi à respecter, quand on lui enlève le droit d’exister. Où est l’éclat de la vérité, quand tout s’assombrit ? Quelle vérité est-elle la plus brillante ?
Aussitôt hissées, les couleurs des drapeaux sont déchiquetées et foulées par l’homme devenu monstre. Au nom de la paix, combien de guerre, combien de morts, combien d’horreurs et de destructions ? Les villes ne sont que cendres grises et noires ; même le soleil ne suffit plus à y voir clair.
Comment redonner au monde les sept couleurs de l’arc-en-ciel ? Comment faire claquer au vent le drapeau reliant toutes les nuances des hommes ?
Aucune couleur ne devrait effacer l’éclat de la lumière de la vie.

Valérie